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L’évaluation du travail social : une nécessité (...)



Présentation de l’ouvrage
Jeudi 24 septembre à 17h30

par Marie MORMESSE
Avec Mme Brigitte BOUQUET, discutante

sur notre site de Montsouris (salle 12, 1er étage)

Ecoutez l’enregistrement de la présentation
sur la webradio Le trottoir d’à côté



L’évaluation du travail social : une nécessité impossible ?

Editions L’Harmattan, collection Tessitures, 2014

Assistante de service social,
titulaire du Diplôme d’Etat d’ingénierie sociale (DEIS) et responsable de formation dans le pôle Encadrement & Travail de l’ETSUP, Marie MORMESSE signe ici son premier livre.

Note de lecture du livre de Marie MORMESSE,
par Brigitte BOUQUET :

« Le thème de cet ouvrage est au cœur de l’actualité. L’évaluation devenue omniprésente, incontournable, a envahi tous les secteurs de l’activité humaine. Ce mouvement inexorable touche le secteur social et médico-social. Dans son livre écrit à partir de son mémoire DEIS, Marie Mormesse analyse finement que l’évaluation est lourde d’enjeux et n’est pas neutre, qu’elle se situe entre pertinence, contraintes institutionnelles et dérives.
Dans le service social de l’Assurance maladie qu’elle connaît bien, elle montre que la modernisation a entraîné un bouleversement tant dans l’organisation du service que dans les représentations et les pratiques des professionnels. En effet, cette modernisation s’est accompagnée de l’introduction de méthodes gestionnaires propres au champ économique, et a entraîné la rentabilité et la performance dans l’exercice du travail social.

Pris entre rationalisation des moyens et nécessité de rendre compte, le service social de l’Assurance maladie a été profondément bouleversé. Auparavant, chaque professionnel organisait son planning de réception du public en permanence, avec une relative latitude. Dorénavant, dans l’organisation rationalisée de l’institution qui vise l’atteinte de résultats quantifiables dans les services, le nouveau management public appliqué quotidiennement prescrit un certain type de travail social, aseptisé, et la relation d’aide est envisagée comme une relation de service ‘‘standardisable’’. Les secteurs sont devenus des « zones d’intervention partagée », les usagers ou bénéficiaires sont appelés « clients », l’accompagnement social est assimilé à « un produit » fabriqué selon des procédures préalablement définies, les résultats de l’activité emploient des indicateurs qualifiés de « socle », « cible », « scores »…

Pour bien mesurer les effets, Marie Mormesse a interrogé des travailleurs sociaux sur ce qu’ils pensaient des pratiques d’évaluation, notamment si celles-ci sont compatibles ou non avec les finalités de leur profession et la logique de leurs pratiques. Certes, l’évaluation est jugée nécessaire car elle permet aux usagers de porter un regard sur l’utilisation des fonds publics et sur les résultats de l’action qui leur est destinée. Elle demande aux professionnels d’analyser leur engagement et de juger de l’intérêt et de l’efficacité de leurs interventions en direction des populations les plus fragiles. Mais les assistant(e)s de service social, accusent majoritairement la conception actuelle du management dans leur activité, estimant qu’elle entraîne une perte du sens et des valeurs, qu’elle touche le cœur de leur profession.

Aussi Marie Mormesse analyse cette tension entre le travail qu’elle qualifie de « purifié », qui correspond à une procédure maitrisée et déshumanisée, et le travail qu’elle qualifie de « non aseptisé », caractérisé par l’engagement professionnel dans une relation particulière avec les personnes et qui se déploie dans une temporalité spécifique. Dans ce travail professionnel « non aseptisé », elle montre la subjectivité à l’œuvre. Celle-ci se traduit par des émotions qui sont rarement reconnues, ni même identifiées, souvent inconscientes (ce qui s’explique notamment par la question du genre dans le travail social, très majoritairement féminin). Or rappelle- t-elle, la subjectivité est une capacité particulière, essentielle, qui constitue une « compétence socle », mais qui demande une régulation, une évaluation éthique, des espaces de réflexion des pratiques…

En reprenant la question posée en titre de son ouvrage, on voit que pour Marie Mormesse, l’évaluation n’est pas une nécessité impossible si elle met en mouvement le rapport entre objectivité et subjectivité, dans le respect de la singularité, si elle prend en compte la complexité nécessitant des aménagements et une souplesse au quotidien, si elle favorise une conduite de changement non dissociée du sens et des valeurs du travail social ; bref si on lui assigne sa juste place. »


>> Acheter l’ouvrage sur le site de l’éditeur

>> Trouver le livre au centre de documentation de l’ETSUP

Page créée le 20 mai 2015. Modifiée le 6 novembre 2015




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