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La 3e édition du Festival du Film social vue par les formateurs et étudiants de l’ETSUP

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Festival du film social 2021 : une projection en présence d'étudiants de l'ETSUP

La 25e Image organisait les 5, 6 et 7 octobre 2021 la troisième édition du Festival du film social dont la finalité est de promouvoir le travail social et l’intervention sociale à travers le cinéma.
Le comité de la 25e Image, après avoir visionné plus de 100 films, a sélectionné 22 films qui interrogent les différents problèmes sociaux en impliquant les personnes concernées et les acteurs du secteur éducatif, sanitaire et social.

Le festival présentait neuf films de fiction, treize films documentaires dont six films éligibles au prix Tremplin qui récompense un premier film.
Cette troisième édition avait pour thème « vivre et revivre ». Les films étaient projetés à Paris, Montrouge, Aubervilliers, Cergy Pontoise, Melun, Evry, Neuilly sur Marne, Caen, Talence.

200 étudiants de l’ ETSUP ont pu assister à différentes projections. Les étudiants des différentes filières ont été très intéressés et très sensibles aux sujets évoqués : l’accompagnement des personnes décédées dans la rue, des personnes migrantes, des personnes en situation de handicap, des jeunes dans le cadre de la protection de l’enfance, des aidants familiaux. Les étudiants ont pris la parole lors des débats et ont apporté des éléments d’analyse pertinents concernant les enjeux liés à la place des personnes âgées dans notre société par exemple.

Des débats ont été animés par les formateurs Anne Charrier et Julien Tessier ; l’organisation des projections à la salle Laroque (Ministère de la santé) a été réalisée par Madame Hilaire, membre du Conseil d’Administration, et par Inès Da Graca et Toiyba Abdou, apprenties assistantes pédagogiques.

Jury sur le Festival du Film social : l’expérience d’Anne Barriol, formatrice sur la filière Assistant de service social

En tant que membre de jury cette année, j’ai été impressionnée par les 22 films. Les sujets abordés sont des sujets de société qu’il est plus que nécessaire d’aborder et de questionner que l’on soit citoyen ou travailleur social. Les publics filmés sont source d’enseignements sur leurs parcours, leurs besoins, leurs désirs et leurs difficultés. Les pratiques professionnelles sont très intéressantes car elles mettent en valeur le travail social et les enjeux de l’accompagnement social et éducatif des personnes.
Les prix décernés (1000€ pour les prix fiction et le documentaire, 600€ pour le prix Tremplin) ont été remis.

Affiche du court-métrage The Van
The Van, Erenik Beqiri,primé dans la catégorie Fiction

Affiche du court-métrage Que m'est-il permis d'espérer
Que m’est-il permis d’espérer, Vincent Gauller et Raphaël Girardot, primé dans la catégorie documentaire

Affiche du court-métrage Petit samedi
Petit samedi, Paloma Sermon-DaÏ, primé dans la catégorie tremplin

The Van de Erenik Beqiri, un court métrage de 15 min [voir la présentation du film], a été primé dans la catégorie fiction. Ce film met en scène un jeune albanais qui participe à des combats de boxe dans un van pour pouvoir payer son passage en Angleterre. Il espère que son père partira avec lui. Je ne vous dévoile pas la suite et vous invite à découvrir ce film, sélectionné au festival de Cannes en 2021. Au-delà de la beauté du film et de la puissance du scénario, ce film nous oblige à regarder en face le drame des personnes qui souhaitent quitter leur pays pour avoir un avenir meilleur et toute la souffrance que cela implique.

Dans la catégorie documentaire, le jury a choisi le documentaire Que m’est-il permis d’espérer ? [voir la présentation du film] réalisé par Vincent Gaullier et Raphaël Girardot qui nous emmène dans le camp humanitaire ouvert à Paris, Porte de la Chapelle, où transitent des centaines de migrants. Ils se reposent quelques jours après des semaines ou des mois de voyage avant d’entendre la sentence administrative. Ce film sortira en salles en janvier 2022.

Le dernier prix, nommé Tremplin, qui récompense un premier film, a été décerné au film Petit samedi, [voir la présentation du film] de Paloma Sermon-Daï, documentaire belge. Nous suivons Damien, 43 ans, souffrant d’addictions à l’héroïne et à l’alcool, qui tente de se libérer de cette dépendance en s’engageant de nouveau dans une thérapie et sa mère, Ysma, qui le soutient dans sa démarche.

Les films qui m’ont le plus marqué sont The Van de Erenik Beqiri, Précieux de Paul Mas, film d’animation de 14 minutes, sur la question de l’acceptation de la différence et de l’altérité ; Punks, documentaire de 90 minutes, [voir la présentation du film] réalisé par Maasja Ooms, sur l’accompagnement éducatif de jeunes en grande souffrance lors d’un séjour de rupture dans une ferme située dans les Vosges, ultime recours à l’enfermement dans un centre éducatif fermé.
D’autres prix ont été décernés par des partenaires tels que l’UNAFORIS, qui a choisi de récompenser Ma chère famille [voir la présentation du film] de Benjamin Laurent. La parole est donnée aux aidants familiaux, qui sont au nombre de 8,3 millions en France et qui dédient leur vie à une personne vulnérable, dépendante ou en situation de handicap. La MAIF a décerné son prix au film d’animation Précieux, [voir la présentation du film] de Paul Mas, la CAF du 92 à Punks [voir la présentation du film] de Maasja Ooms, le CASVP à Un chez soi d’abord [voir la présentation du film] de Haubin Hellot, qui met en images l’accompagnement des personnes souffrant de troubles psychiques dans leur logement et leur quotidien et les comités locaux des territoires et du développement social à Fils de Garches [voir la présentation du film] de Rémi Gendarme-Cerquetti. Le réalisateur tente de créer « une communauté de souvenirs » en allant à la rencontre de jeunes adultes en situation de handicap physique ayant été soignés à Garches enfant, pour y être redressés.
Il me semble très important de valoriser ce festival et de permettre son développement pour une meilleure connaissance des problèmes de nos sociétés, pour que les personnes concernées soient écoutées et entendues et pour que le travail éducatif et le travail social soient reconnus à leur juste valeur.

Affiche du court-métrage Punks
Punks, par Maasja Ooms, primé par la CAF du 92

Affiche du court-métrage Ma chère famille
Ma chère famille, Benjamin Laurent, primé par l’UNAFORIS

Affiche du court-métrage Précieux
Précieux, par Paul Mas, primé par la MAIF

Affiche du court-métrage Un chez soi d'abord
Un chez soi d’abord, par Aubin Hellot, primé par le CASVP

Affiche du court-métrage Fils de Garche
Fils de Garche, Rémi Gendarme-Cerquetti, primé par les comités locaux des territoires et du développement social

La participation au Festival du film social des étudiants Assistant de service social :

Marie-Pierre Antonelli, formatrice responsable d’activité sur la filière Assistant de service social, nous explique le rôle du Festival et plus généralement des oeuvres cinématographiques dans la formation des étudiants de la filière :

« Cette année encore, nous avons permis aux étudiants ASS1 et ASS2 d’assister au Festival du Film Social sur une journée. Cela vient compléter ce qui est mis en œuvre depuis presque 2 ans maintenant. Nos étudiants sont engagés dans le cycle CinéPsy mené par Gilles Garcia et nous avons introduit dans chaque séminaire une séquence de ciné-débat.

Pour les ASS2, c’est la suite logique de notre volonté d’ouvrir leur réflexion en utilisant l’œil de la caméra posé sur le monde. Pour eux, l’ancrage dans les réflexions éthiques se consolide aussi par ces visionnages et les échanges qui en découlent.

Festival du film social 2021 : une projection en présence d'étudiants de l'ETSUP
crédits photo : Elias Jardin (étudiant Educateur spécialisé, promo 2019-2022)

 

Pour les ASS1 c’est la clôture du colloque introductif. Ils ont découvert en quelques heures des faces multiples du monde social. Leur participation lors des débats montre que le média touche sa cible et engage la réaction. »

L’expérience du festival d’une formatrice stagiaire

En formation de formateur au CNAM, Madeline Hener est en ce mois d’octobre en stage auprès du responsable de la formation Caferuis de l’ETSUP. Elle a pu assister aux projections à la salle Laroque, le mercredi 6 octobre.

« J’ai eu un véritable coup de cœur pour Que m’est-il permis d’espérer ? Un documentaire sur le parcours de réfugiés qui, après des mois d’errance à travers de nombreux pays, vont découvrir les aberrations de l’administration française. Des témoignages émouvants, des images de visages marqués par l’espoir et les désillusions… avec l’éclairage très instructif après la projection de l’animateur du débat qui a œuvré de nombreuses années auprès de ce public ».

Le festival du Film social vécu par un étudiant Éducateur spécialisé :

Elias est étudiant en troisième année de la formation d’Éducateur spécialisé.

« J’ai beaucoup apprécié le festival du film social. Je trouve que les films présentés abordent des thématiques autour desquelles il est important de se questionner, aussi bien dans le travail social que dans la société.
J’ai particulièrement été touché par le documentaire Le sous sol de nos démons [voir la présentation du film] qui parle de prévention à la pédocriminalité. Les mots entendus et les situations présentées sont durs mais ca chamboule complètement son point de vue sur la question et ça remet beaucoup en cause nos représentations. Et je pense que c’est aussi ça la force de ce festival et de ces films [;] ils permettent un autre regard sur de nombreuses questions qui nous entourent. »

Affiche du court-métrage Le sous-sol de nos démons
Le sous-sol de nos démons, Fanny Fontan