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Le métier d’assistant(e) familial(e) : entre attente « imaginaire » et réalité de l’accueil familial thérapeutique

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Protéger et accueillir un enfant confié et tout particulièrement dans le cadre d’un accueil thérapeutique, ouvre un champ relationnel, émotionnel et professionnel à la fois complexe et bouleversant et représente fondamentalement une prise de risque.

Et en même temps, accueillir un enfant et l’aider est extrêmement gratifiant. Pour être gratifiant, l’enfant confié doit aller mieux, être conforme aux attentes sociales, cesser d’aller mal, de « faire le fou ».

Or, il arrive parfois que l’enfant résiste, continue d’aller mal, refuse d’être reconnaissant, gratifiant.

Si l’investissement personnel et familial de l’assistant-e- familial-e- est fortement mobilisé, le mieux-être de l’enfant accueilli n’est pas forcément celui attendu.

Les motivations initiales envers le métier d’assistant familial et/ou l’écart entre l’enfant attendu et la réalité de l’accueil de l’enfant amènent parfois l’assistant familial à traverser une véritable désillusion : attente de reconnaissance déçue, fatigue, surcharge émotionnelle, incompréhension, colère, envie « de laisser tomber » et sentiment d’échec ou de culpabilité peuvent envahir le champ de la pensée et démobiliser l’assistante familiale dans son engagement professionnel.

De même, des accueils heureux sans histoire qui « tiennent » sans problème, par opposition à ceux qui craquent, sont, nous pouvons en convenir, plutôt rares.

Pour paraphraser René Clément, psychologue à l’ASE, le placement familial se révèle être toujours une pratique ambiguë, souvent inquiétante et parfois même décevante : non seulement cette pratique ne résout pas à tout coup, comme on le souhaiterait les situations familiales difficiles et ne soustrait pas totalement la souffrance de l’enfant.

Alors, qu’attendre finalement d’un accueil familial et par extension de l’assistant familial ?

Ne sommes-nous pas souvent dans une attente idéalisée qui fait que nous espérons que l’accueil d’un enfant en difficulté sera forcément La bonne solution qui viendra à tout coup garantir son avenir, diminuer sa souffrance qui est la sienne et soulager ses parents au point qu’ils peuvent très vite aller mieux et le reprendre ?  

Si il est maintenant convenu, que l’assistante familiale doit s’attacher à l’enfant, qu’il en a besoin pour grandir mais de façon non pathologique, non fusionnelle, en laissant la place ouverte aux parents, ce sera à l’assistante familiale de trouver la formulation juste qui ne vient pas la faire suspecter d’indifférence ou de vampirisme maternel, qui laissera ouverte la place des parents et ne fera pas porter à l’enfant accueilli et l’ enfant accueillant la dette de l’ accueil.

étudiants en arrière plan

Une formation sur mesure pour les professionnels du champ social

Objectifs

Cette formation vise à faire « le tri » entre ce que nous pouvons légitimement attendre de l’accueil familial et de l’assistante familiale et les attentes imaginaires, motivations et représentations initiales qui viennent se heurter à une réalité beaucoup plus complexe, mettant l’assistante familiale en proie à des incertitudes et sentiments ambivalents, contradictoires voire, parfois opposés à ceux qui l’ont poussé initialement à faire ce métier.

Prérequis

Public concerné : Travailleurs sociaux, assistants familiaux, professionnels de l’enfance.

Prérequis : Etre professionnel dans un service d’accueil familial.

Durée

3 journées, d’une durée de 6 heures chacune, soit 18 heures de formation.

Contenu pédagogique et évaluation

Principales questions mises au travail :
Rappel des objectifs visés en accueil familial. Entrevoir la mesure comme une mesure de protection et de soins.
Les bénéfices de l’accueil familial : l’inestimable valeur des « petits riens du quotidiens » et l’assistante familiale comme figure de sécurité pour l’enfant.
Faire de l’accueil de l’enfant une rencontre humanisante et reconnaitre l’enfant comme acteur d’une relation d’attachement possible ou non compatible avec un cadre familial.
Retour sur les troubles de l’attachement chez l’enfant accueilli. Les effets des ruptures, des violences, des carences, des traumatismes relationnels précoces sur les capacités de l’enfant à tisser des liens.
Comprendre ces troubles du lien comme des défenses de l’enfant face à des expériences relationnelles inappropriées et traumatisantes.
Reconnaitre les impacts émotionnels de l’assistante familiale comme des effets induits par la pathologie des troubles du lien chez l’enfant.
Questionner la mobilisation affective et professionnelle de l’assistante familiale face à l’enfant accueilli, face à l’enfant accueillant Entre le risque d’aveuglement chez l’assistante familiale de symptôme ou de malaise des enfants de la famille d’accueil – l’enfant accueillant-., la lutte de place entre enfant accueilli et enfant accueillant et l’équilibre à trouver d’un « chacun doit y mettre du sien », quelle vigilance déployer ? Comment repérer, pour mieux en prendre conscience et mieux prévenir ?
Déjouer le fantasme de « sauvetage de l’enfant et de mère dévouée. Entre attendus du métier et réalité de l’accueil de l’enfant.
Les expériences de séparation vécues au cours de l’accueil : la fin d’un accueil, une décision parfois difficile à prendre et épreuve émotionnelle pour l’assistante familiale. Quand la fin s’arrête avant l’heure : entre sentiment d’échec, de limite professionnelle voire de « dette professionnelle » vis-à-vis du service, de l’enfant accueilli.
Enfin, reconnaitre le nécessaire travail d’équipe comme fonction tierce pour trouver une place plus sécurisante et contenante auprès de l’enfant garante d’un devenir possible et comme un point d’ appui pour maintenir une cohérence et continuité en l’ avenir des projets pour l’ enfant et de la famille d’ accueil.

Démarche pédagogique :
Apports théoriques étayés par des exemples de situations concrètes.
Analyse en commun à partir d’exercices pratiques d’observation et de transmission
Partage d’expériences et analyse de situations concrètes proposées par les stagiaires ou le formateur,
Réveils pédagogiques (quizz et travail en groupe) sur les acquis au fur et à mesure de la progression de la formation
Analyse de textes et vidéo.
Références bibliographiques

Evaluation/bilan : Afin de mesurer les acquis au fur et à mesure de la progression de la formation, il sera proposé des réveils pédagogiques (quizz) sur les journées. Lors de la dernière journée, un bilan « à chaud » est effectué conjointement avec l’intervenant, les stagiaires, un responsable institutionnel. Un questionnaire d’évaluation du module de formation sera rempli par chaque participant. Une attestation de formation sera transmise aux participants.

Formateur ETSUP : La formation sera assurée par un psychologue clinicien, formateur à l’ETSUP

Coût

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Contact

Sanaa KAROUANI

Assistante de projet