Prime Ségur : y avez-vous droit ?

Chiffres vérifiés le 26 août 2026 par Hélène Manciet

La prime Ségur ne se demande pas : elle se verse automatiquement, ou pas du tout. Tout dépend de trois choses : qui vous emploie, quelle fonction vous exercez et quel contrat vous lie. Répondez aux trois questions ci-dessous pour savoir si vous y avez droit, pour quel montant, et en vertu de quel texte.

Question 1 sur 3

Qui est votre employeur ?

Question 2 sur 3

Quelle fonction exercez-vous à titre principal ?

Question 3 sur 3

Quel est votre type de contrat ?

Deux dispositifs, deux montants, une même logique

Ce qu’on appelle « la prime Ségur » recouvre en réalité deux mécanismes distincts, selon que vous relevez du public ou du privé.

Dans la fonction publique, c’est un complément de traitement indiciaire de 49 points d’indice majoré, soit 241,22 € bruts par mois. Étant indiciaire, il suit la valeur du point de la fonction publique : il augmenterait mécaniquement si celle-ci était revalorisée.

Dans le privé à but non lucratif, c’est une indemnité forfaitaire de 238 € bruts par mois pour un temps plein, souvent appelée indemnité Laforcade du nom de la mission qui l’a préparée. Étant forfaitaire, elle ne bouge pas : elle vaut 238 € depuis 2022 et vaudra 238 € tant qu’un nouvel accord ne l’aura pas modifiée.

Dans les deux cas, la prime se verse en plus du salaire et n’entre pas dans la comparaison au SMIC. C’est ce qui la rend visible sur la fiche de paie même pour les salariés dont le salaire de base est ramené au plancher légal.

Ce point mérite d’être souligné, parce qu’il n’a rien d’évident. Une prime ordinaire versée à un salarié au SMIC est absorbée par la comparaison au minimum légal : elle ne change rien au total. L’indemnité Ségur, elle, s’ajoute réellement. Pour un éducateur débutant dont la base conventionnelle passe sous le SMIC, elle représente donc l’intégralité de ce qu’il touche au-dessus du salaire minimum.

Ce qui détermine votre droit

L’employeur d’abord. Dans un établissement public de santé ou un EHPAD public, le complément est versé à tous les agents, sans condition de métier : c’est la porte d’entrée la plus large. Partout ailleurs, l’éligibilité se joue sur la fonction exercée.

La fonction ensuite. Les textes du privé non lucratif énumèrent limitativement les métiers éligibles, en deux familles. D’un côté les fonctions socio-éducatives : éducateur spécialisé ou technique, moniteur-éducateur, éducateur de jeunes enfants, assistant de service social, technicien de l’intervention sociale et familiale, conseiller en économie sociale et familiale, moniteur et chef d’atelier, encadrant éducatif de nuit dont surveillant de nuit qualifié, maître et maîtresse de maison assurant une fonction éducative, psychologue. De l’autre les fonctions soignantes et d’accompagnement, dont les accompagnants éducatifs et sociaux, les aides médico-psychologiques et les auxiliaires de vie sociale.

Le champ de l’établissement enfin. L’accord vise les structures intervenant auprès des personnes âgées, des personnes handicapées, dans la protection de l’enfance, la protection judiciaire de la jeunesse, la protection juridique des majeurs, l’insertion des publics en difficulté et l’accueil des demandeurs d’asile. Exercer le bon métier dans un établissement hors de ce champ n’ouvre pas droit au versement, et l’indemnité est perdue si vous quittez un établissement visé pour un autre qui ne l’est pas.

« Ségur pour tous » : ce que l’accord de 2024 a changé

Pendant deux ans, le reproche le plus constant adressé au dispositif a porté sur ses oubliés. Les textes de 2021 et 2022 réservaient l’indemnité à des listes limitatives de fonctions soignantes et éducatives : secrétaires, comptables, cuisiniers et agents d’entretien travaillaient dans les mêmes établissements, auprès des mêmes publics, sans rien percevoir.

L’accord du 4 juin 2024, dit « Ségur pour tous », a mis fin à cette exclusion dans le secteur privé à but non lucratif. Il vise désormais l’ensemble des professionnels, quel que soit le métier exercé, cadres comme non-cadres, en CDD comme en CDI, à temps plein comme à temps partiel, dès lors qu’ils ne percevaient pas déjà l’indemnité. Les personnels administratifs et logistiques y sont expressément nommés.

Si vous êtes secrétaire, comptable ou agent technique dans une association du secteur et que votre bulletin ne porte aucune ligne Ségur, ce n’est plus normal depuis 2024. C’est une démarche à engager auprès de votre employeur.

L’accord a aussi élargi le champ des structures concernées, en visant nommément des lieux longtemps restés à l’écart : établissements d’accueil de jeunes enfants, instituts de formation, sièges sociaux, dispositifs d’appui à la coordination, ateliers et chantiers d’insertion. Les intérimaires sont également couverts, la revalorisation devant être intégrée à leur contrat.

Qui reste exclu

Trois situations restent hors du dispositif, et elles sont explicites dans les textes.

Les contrats d’apprentissage, de professionnalisation et les contrats aidés (CUI-CAE, CDDI, parcours emploi compétences) n’ouvrent pas droit au versement, quels que soient l’établissement et la fonction. L’exclusion tombe le jour où le contrat bascule en CDD ou CDI ordinaire.

Les professions médicales : médecins, pharmaciens, biologistes et chirurgiens-dentistes salariés, ainsi que les médecins coordonnateurs en EHPAD, relèvent de revalorisations distinctes.

Les agents administratifs et techniques des établissements publics sociaux et médico-sociaux, hors hôpitaux et EHPAD. Le décret qui régit le public procède par liste de corps, et les corps administratifs n’y figurent pas. Situation paradoxale : sur ce point précis, un secrétaire d’association est aujourd’hui mieux traité que son homologue d’un foyer public.

Vérifier que vous la percevez bien

Sur un bulletin de paie, l’indemnité apparaît sous des intitulés variables : « indemnité Ségur », « indemnité Laforcade », « indemnité métiers socio-éducatifs », « complément de traitement indiciaire » ou « CTI » dans le public. Cherchez une ligne de 238 € exactement, ou de 241,22 € si vous êtes fonctionnaire, distincte de votre salaire de base.

Si vous êtes à temps partiel, le montant est proratisé à votre durée contractuelle : 119 € pour un mi-temps, 178,50 € pour un 75 %. Si la ligne est absente alors que le test ci-dessus vous donne éligible, la première démarche est d’écrire à votre service du personnel en citant le texte applicable, que le résultat du test vous indique.

Questions fréquentes

Quel est le montant de la prime Ségur en 2026 ?

Elle vaut 238 € bruts par mois pour un temps plein dans le secteur privé à but non lucratif, et 241,22 € dans la fonction publique où elle prend la forme d’un complément de traitement indiciaire de 49 points d’indice majoré. Ces montants sont inchangés depuis 2022.

La prime Ségur compte-t-elle dans le SMIC ?

Non, et c’est essentiel. Elle se verse en plus du salaire conventionnel et n’entre pas dans la comparaison au salaire minimum légal. Pour un salarié dont la base conventionnelle est ramenée au SMIC, elle représente donc la totalité de ce qui est perçu au-dessus du plancher.

Les secrétaires et le personnel technique y ont-ils droit ?

Dans le privé à but non lucratif, oui depuis l’accord du 4 juin 2024, qui vise l’ensemble des professionnels quel que soit le métier exercé et nomme expressément les personnels administratifs et logistiques. Ils en étaient exclus jusque-là. Dans les établissements publics sociaux et médico-sociaux en revanche, hors hôpitaux et EHPAD, les corps administratifs ne figurent pas dans la liste du décret.

Un assistant familial perçoit-il la prime Ségur ?

Oui, avec des règles propres. Le montant est plafonné à 238 € quel que soit le nombre d’enfants accueillis. En accueil intermittent, il est proratisé en trentièmes selon le nombre de jours d’accueil. Lorsque aucun enfant n’est confié, une fraction reste due au titre de l’accueil non réalisé.

La prime est-elle proratisée à temps partiel ?

Oui, au prorata de la durée contractuelle : 119 € pour un mi-temps, 178,50 € pour un 75 %. Dans la fonction publique, le complément de traitement indiciaire suit la même règle que le traitement.

Comment repérer la prime sur ma fiche de paie ?

Elle apparaît sous des intitulés variables : indemnité Ségur, indemnité Laforcade, indemnité métiers socio-éducatifs, ou complément de traitement indiciaire dans le public. Cherchez une ligne distincte du salaire de base, d’un montant de 238 € exactement, ou de 241,22 € si vous êtes fonctionnaire.

Le jour où le montant bouge, vous le saurez. Cette page est mise à jour dès qu'un accord modifie le dispositif. Recevez un message ce jour-là.

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Pour aller plus loin : le calculateur de salaire convention 66, qui intègre l’indemnité dans le calcul de votre brut, et les fiches salaire par métier, où son poids relatif se lit métier par métier.