Un accompagnant éducatif et social débutant touche 2 105 € bruts par mois en convention 66, indemnité Ségur comprise, soit environ 1 640 € net avant impôt. C’est le même montant qu’un éducateur spécialisé ou qu’un moniteur-éducateur débutants : tous trois sont ramenés au plancher du SMIC. La différence, pour ce métier, se voit ailleurs, et elle n’est pas à son avantage.
Le diplôme existe, la grille pas toujours
Le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social a été créé en 2016, en remplacement de deux diplômes plus anciens : celui d’aide médico-psychologique et celui d’auxiliaire de vie sociale. Dix ans plus tard, les conventions collectives n’ont pas toutes suivi.
La convention 66 ne comporte aucune grille au nom du DEAES. Elle conserve les deux emplois d’origine, aide médico-psychologique et auxiliaire de vie sociale, dont les coefficients sont d’ailleurs identiques : de 396 à 530 points sur onze échelons. Un titulaire du DEAES y est donc classé sur l’une de ces deux grilles historiques. La convention 51, elle, a créé une fiche métier au nom du nouveau diplôme, en précisant explicitement qu’il remplace les deux anciens.
Cette différence n’a pas d’effet sur la paie, mais elle explique la confusion que rencontrent beaucoup de professionnels quand ils cherchent leur grille : chercher « AES » dans la convention 66 ne donne rien.
Trois cadres d’emploi, et une pénalité cachée dans le public
Convention 66
Associations du handicap et de la protection de l’enfance, sous les intitulés AMP et auxiliaire de vie sociale.
Début2 105 € Fin de grille2 513 €Coefficient 396 à 530 sur 11 échelons, indemnité de sujétion de 9,21 % comprise. Quatre échelons sur onze restent sous le SMIC.
Convention 51
Établissements adhérents de la Fehap. La seule convention qui nomme le DEAES.
Début1 846 € Plafond, 35 ans2 392 €Coefficient fixe de 351 points et prime d’ancienneté de 0 à 34 %. Onze points de plus en EHPAD, en SSIAD, en MAS, en CHRS ou en foyer de vie.
Fonction publique hospitalière
Hôpitaux et établissements publics. Corps des accompagnants éducatifs et sociaux, catégorie C.
Début2 048 € Fin d’échelle2 333 €Échelle C2, douze échelons parcourus en vingt ans, complément de traitement indiciaire compris. Sans indemnité de sujétion spéciale.
Les montants de la convention 51 s’entendent sans les primes fonctionnelles, qui sont fréquentes pour ce métier : onze points de plus, soit 50,38 €, pour qui exerce auprès de personnes âgées en EHPAD, en service de soins infirmiers à domicile ou en unité de soins de longue durée, et onze points également en maison d’accueil spécialisée, en CHRS ou en foyer de vie. Une prime décentralisée annuelle de 5 % s’y ajoute.
La pénalité que personne ne mentionne
Dans la fonction publique hospitalière, les personnels socio-éducatifs perçoivent une indemnité de sujétion spéciale, qui représente environ 8,21 % du traitement et progresse donc avec la carrière. Depuis une réforme d’octobre 2021, le corps des accompagnants éducatifs et sociaux en est exclu.
À la place, ces agents perçoivent une indemnité de substitution qui reprend le même taux, mais calculée une fois pour toutes sur l’indice détenu au 30 septembre 2021. Elle est gelée : elle ne suit plus les avancements d’échelon. Un éducateur spécialisé voit son indemnité de sujétion croître avec sa carrière, un accompagnant éducatif et social conserve la sienne au niveau qu’elle avait il y a cinq ans.
Le métier le moins payé du secteur est aussi le seul dont l’indemnité de sujétion a été gelée dans la fonction publique. Elle ne progresse plus avec la carrière, contrairement à celle de tous les autres métiers socio-éducatifs.
Une carrière qui démarre à plat
Le second trait de ce métier est la faiblesse de la progression, et elle se voit dans les deux secteurs. Dans la fonction publique, l’échelle de rémunération compte douze échelons parcourus en vingt ans, mais les six premiers sont écrasés : 44 € séparent le premier du sixième, soit cinq années d’ancienneté pour l’équivalent d’un plein d’essence. La raison est la même que dans le privé : le bas de la grille a été relevé au niveau du minimum légal, ce qui a aplati les premiers échelons les uns sur les autres.
En convention 66, quatre échelons sur onze donnent une base inférieure au SMIC, et sept sur onze pour un poste sans indemnité de sujétion. En convention 51, la base conventionnelle d’un débutant est de 1 607,58 €, soit 259 € sous le SMIC. Dans tous les cas, une indemnité différentielle ramène la rémunération au plancher légal : personne ne perd d’argent, mais l’ancienneté ne se voit pas sur le bulletin avant plusieurs années.
Sur une carrière entière, l’écart entre le premier et le dernier échelon atteint 408 € par mois en convention 66. À titre de comparaison, il est de 931 € pour un moniteur-éducateur et de 1 403 € pour un éducateur spécialisé.
Les leviers
Les primes fonctionnelles. En convention 51, elles sont accessibles et nombreuses pour ce métier : le lieu d’exercice suffit à les déclencher. Vérifiez qu’elles figurent bien sur votre bulletin.
Le passage au DEME. C’est le levier de fond, et il est court : deux ans de formation, avec des allègements pour un professionnel en poste, et le diplôme s’obtient aussi par la validation des acquis de l’expérience. Le salaire d’un moniteur-éducateur démarre au même niveau, mais sa grille monte deux fois plus haut. Notre rubrique VAE détaille le parcours.
Le choix du secteur. Pour ce métier plus que pour les autres, la fonction publique offre un départ plus favorable, mais avec l’indemnité gelée et une progression courte. Le calcul se fait sur la durée que vous envisagez.
Questions fréquentes
Combien gagne un AES débutant ?
En convention 66, un accompagnant éducatif et social débute à 2 105 € bruts par mois indemnité Ségur comprise, soit environ 1 640 € net avant impôt. En convention 51 il débute à 1 846 € et dans la fonction publique hospitalière à 2 048 €, complément de traitement indiciaire compris.
Où trouver la grille AES dans la convention 66 ?
Elle n’existe pas sous ce nom. La convention du 15 mars 1966 conserve les emplois d’aide médico-psychologique et d’auxiliaire de vie sociale, que le DEAES a remplacés en 2016. Les deux grilles sont identiques, de 396 à 530 points sur onze échelons. La convention 51, elle, a bien une fiche au nom du DEAES.
Un AES perçoit-il l’indemnité de sujétion spéciale à l’hôpital ?
Non. Depuis une réforme d’octobre 2021, le corps des accompagnants éducatifs et sociaux est exclu de cette indemnité. Il perçoit à la place une indemnité de substitution au même taux, mais calculée sur l’indice détenu au 30 septembre 2021 et gelée depuis : elle ne progresse plus avec les avancements d’échelon.
Pourquoi mon salaire ne bouge-t-il pas d’un échelon à l’autre ?
Parce que le bas des grilles est écrasé sur le SMIC. Dans la fonction publique, 44 € seulement séparent le premier échelon du sixième, soit cinq ans d’ancienneté. Dans les conventions, une indemnité différentielle ramène la base au plancher légal et diminue à mesure que le coefficient monte, si bien que le total versé ne change pas.
L’indemnité Ségur est-elle versée aux AES ?
Oui, dans les trois cadres d’emploi : 238 € bruts par mois dans les deux conventions et 241,22 € dans la fonction publique sous forme de complément de traitement indiciaire. En convention 51, l’AES y a droit au titre de la catégorie des soignants et non de celle des fonctions socio-éducatives, avec une clause de non-cumul propre à cette catégorie.
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Pour aller plus loin : le calculateur de salaire convention 66, le salaire d’un moniteur-éducateur et le schéma des diplômes du travail social, qui situe le DEAES parmi les autres diplômes et montre les passerelles.